La recherche des tableaux perdus du Caravage

Pendant les recherches pour la rédaction de la biographie de Michelangelo Merisi dit Caravaggio, que j’ai publiée sous le titre « Peut-être que tout le monde ne sait pas que Caravaggio… La vie d’un génie entre art, aventure et mystère « , en octobre 2020 pour les éditions Newton Compton, j’ai été fascinée par le thème des tableaux perdus du peintre. Les œuvres dont il n’y a plus de trace sont nombreuses et parmi celles-ci certaines ont toujours un charme particulier ; il s’agit de  » Saint Matthieu et l’Ange « ,  » Portrait d’une courtisane  » et  » Christ dans le jardin avec les apôtres  » œuvres perdues à Berlin en 1945.

Le Caravage, Saint Mathieu et l’ange

Cependant, je me suis intéressée à d’autres tableaux disparus dans les brumes du passé, principalement de l’époque romaine et sicilienne, et en ce qui concerne les années que le Caravage a passées à Rome (1597 environ-1606 mois de mai), j’ai trouvé une piste intéressante dans les œuvres littéraires. Dans ce petit essai, en particulier, je raconte comment, dans l’anthologie d’épigrammes latines d’un frère théatin, G. Silos, publiée dans la seconde moitié de 1600, certains tableaux du Caravage que les sources documentées n’ont jamais rapportées, sont décrits, pleins d’éloges. Il s’agit d’un tableau intitulé « Le banquet d’Assuérus », qui fait référence au roi perse, « Le banquet de Vasthi », l’épouse d’Assuérus qui fut plus tard éloignée de la cour parce qu’elle refusait d’obéir à son puissant époux, et « La visite de la Vierge Marie à Elisabeth », qui narre la rencontre entre les deux cousines qui portent en elles Jésus-Christ et Saint Jean Baptiste. Les critiques et les historiens n’ont pas tenu compte de ces textes latins, pensant que le religieux avait fait une erreur dans l’attribution des tableaux, mais dans les autres textes consacrés à d’autres tableaux du Caravage, G.Silos ne fait aucune erreur ni sur les propriétaires des tableaux ni sur leur emplacement qui correspond parfaitement aux sources à notre disposition. En outre, le peintre milanais avait abordé des thèmes bibliques avec les tableaux « Judith et Holopherne » et « Le sacrifice d’Isaac »et il est donc possible qu’il ait peint deux scènes de l’histoire d’Assuérus et d’Esther, l’héroïne biblique, qui succède à Vasthi comme épouse du roi et sauve les Juifs de la persécution. Ce que je soutiens dans la discussion est que la littérature peut être une source de documentation et j’encourage de nouvelles recherches sur ces peintures. À la fin de l’essai j’ajoute une poésie du poète Angelo Bruni où il fait l’éloge d’un tableau du Caravage dont personne ne sait rien, avec le sujet mythique « Le Phénix ». Vue la récente découverte d’un tableau du Caravage, au sujet duquel les spécialistes discutent encore, qui était sur le point d’être vendu aux enchères pour seulement 1500 euros, réapparu des brumes du passé à Madrid, et la découverte, il y a une dizaine d’années, d’un autre tableau du peintre, « La capture du Christ dans le jardin », dans le réfectoire de religieux irlandais, il est toujours utile de suivre toutes les pistes et d’avoir des yeux bien ouverts à travers l’Europe, la Russie et l’Amérique du Nord où les tableaux disparus pourraient encore réapparaître.

Annalisa Stancanelli

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